Le recrutement : Koh-Lanta du meilleur candidat ?

Pour les candidats comme pour les entreprises, le recrutement est parfois une dure épreuve. À chaque étape, il revient au recruteur de choisir et d’exclure sur des critères plus ou moins objectifs. Toutefois, il faut aussi prendre en compte le facteur humain.
Alors, est-il pertinent de comparer le processus d’embauche à une compétition ou une aventure extrême telle que Koh-Lanta ?
FinancePeople livre quelques réflexions dans cet article.

Quand le recrutement joue avec la démesure

Pour certaines professions très exposées au stress, à la prise de risque et aux dangers, le processus d’incorporation doit logiquement valider les aptitudes des candidats à gérer de telles situations. Psychologiquement et physiquement, il peut donc s’avérer particulièrement exigeant.
Mais n’est-il pas surprenant de constater des pratiques inutilement stressantes, voire humiliantes, pour des recrutements plus ordinaires ?
Les exemples sont nombreux :

  • questions sans rapport avec le poste à pouvoir, ou dépassant largement le niveau de compétences requis,
  • manque de respect par le ton employé,
  • interruptions systématiques de la parole,
  • humour déplacé,
  • remarques injustifiées, désagréables, intimidantes, humiliantes voire insultantes…

Les explications, quant à elles, sont probablement diverses.
Il peut s’agir de défaillances temporaires ou de réelle incompétence de la part du chargé de recrutement. En effet, mettre le candidat sous pression est parfois une solution de facilité, pour cacher ses faiblesses personnelles ou celle de l’entreprise.
Les causes sont parfois culturelles aussi. L’être humain peut avoir tendance à répéter ce qu’il a lui-même vécu, à la manière des bizutages et autres rituels à base de brimades.
Les préjugés interviennent trop souvent. Plus grave encore, dans de nombreux entretiens, le recruteur abuse de sa position et du pouvoir qu’elle lui donne, quitte à oublier le respect des autres.
Et puis, il ne faut pas nier qu’il y a parfois des comportements inexplicables et inexcusables, frôlant voire dépassant les limites légales. On parle ici notamment de racisme et de xénophobie, de sexisme et de toutes autres formes de discriminations.

La dimension humaine et
les véritables objectifs du recrutement

Il ne faut pourtant pas oublier quels sont les objectifs d’un processus d’embauche.
Il ne s’agit pas d’organiser une compétition, ni même un concours. Le recrutement est avant tout une rencontre, un échange d’égal à égal.
L’entreprise et le candidat ont un intérêt commun : obtenir un maximum d’informations sur l’autre partie. Pour que cela fonctionne, chacun a besoin de l’autre.
L’entreprise comme le candidat sont donc tenus de « jouer le jeu » d’une communication bidirectionnelle. Ils doivent aussi s’efforcer de démontrer leurs motivations respectives :

  • à incorporer les bons collaborateurs pour l’une,
  • à remplir la mission proposée pour l’autre.

La déstabilisation des candidats lors du recrutement risque fort de briser l’équilibre et de bloquer cet échange d’informations.
À l’inverse, l’excès d’empathie est à proscrire. Il est inefficace et il peut même conduire à des conclusions injustes.
Il faut bien sûr accepter et comprendre le ressenti émotionnel. Mais l’essentiel des éléments de décision doivent rester les plus objectifs possibles.

En conclusion, les exigences d’un recrutement ne devraient généralement pas conduire à s’inspirer de Koh-Lanta.

Les recruteurs doivent être conscients de leurs possibles déviances et des dommages qu’elles peuvent occasionner sur la confiance des candidats.
Il est indispensable qu’ils portent un regard critique non seulement sur les candidats, mais aussi sur leurs propres pratiques et leur comportement.

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