Finance durable : transition écologique et secteur bancaire

Comme de nombreux autres secteurs d’activité, la banque, l’assurance et la finance en général n’échappent pas aux énormes enjeux de la transition écologique.

Sans aucun doute, cela explique le développement des concepts de finance verte, ou plus largement encore de finance durable.

Avec cet article, découvrons un peu plus profondément cette thématique.

La finance durable et ses composantes : définitions

 

Selon la Banque de France, « la finance durable désigne l’ensemble des pratiques et réglementations financières visant à favoriser l’intérêt de la collectivité sur le moyen-long terme ». Plus concrètement, la finance durable prend en compte dans ses opérations des critères extra-financiers. Il s’agit principalement des critères ESG : environnementaux, sociaux, et relatifs à la gouvernance.

Ainsi, il est courant d’assimiler la finance durable à la finance verte, idée plus réductrice. La confusion est toutefois compréhensible. En effet, la finance verte est celle qui agit en faveur de la transition écologique. La prise de conscience croissante des enjeux liés au changement climatique place naturellement cette dimension en première ligne.

La finance solidaire est un autre sous-ensemble de la finance durable. Elle regroupe les opérations financières ayant des objectifs sociaux, par exemple en faveur de l’insertion par l’emploi, de l’accès au logement et de toutes formes de solidarités.

Certes, la finance durable n’agit pas que sur l’axe de l’investissement, mais l’investissement responsable est bien une de ses préoccupations majeures. En France, le label ISR (pour investissement socialement responsable) permet notamment aux épargnants d’identifier plus facilement les entreprises et les fonds d’investissement qui remplissent certains critères ESG spécifiques.

Impact écologique de la finance et du secteur bancaire

 

Le constat…

Pour réduire notre empreinte carbone et protéger l’environnement, le réflexe le plus courant consiste à modifier nos habitudes en matière de transports, d’alimentation, de consommation d’énergie… Il est beaucoup plus rare de songer à l’impact de notre épargne.

Et pourtant, selon Oxfam, les grandes banques sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en France. Cette conclusion s’explique par la prise en compte des financements accordés à des projets liés aux énergies fossiles.

Partant de ce constat, il apparaît que le secteur bancaire et la finance en général peuvent jouer un rôle majeur dans la transition écologique. Cela repose sur une double action :

  • arrêter de financer les projets liés au gaz et au pétrole ;
  • réorienter les financements, les fonds d’investissements, les produits d’épargne et d’assurance vers les énergies renouvelables, vers les mobilités et le logement bas carbone, etc.

Il faut noter que le progrès des banques françaises vers la finance durable a débuté. En particulier, des engagements ont été pris depuis quelques années pour l’arrêt des financements au secteur du charbon.

… et les perspectives de la finance durable

L’effet d’entraînement est incontestable. En effet, l’impact sur l’image des banques et autres institutions financières est important :

  • positivement pour celles qui avancent les premières ;
  • et défavorablement pour celles qui ne suivent pas le mouvement.

Pour le secteur bancaire, la finance durable fait en quelque sorte partie de la gestion des risques. Au-delà de la réputation, il est question aussi de pas perdre de clients, voire d’éviter des mobilisations activistes. Ces risques entraînent potentiellement des conséquences économiques ou juridiques.

En s’engageant dans la finance durable, les banques acquièrent aussi une légitimité pour aider les entreprises à améliorer leurs indicateurs ESG. Cela contribue même à renforcer la relation entre DAF et banquiers.

À long terme, les effets du changement climatique pourraient aussi coûter plusieurs points de PIB chaque année à l’économie mondiale. Ceci démontre que les investissements dans la lutte contre le réchauffement climatique sont rentables. Ils évitent des coûts bien supérieurs aux sommes investies.

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